Éducation: Les milieux riverains d’eau douce

 

Bande riveraine

Une bande riveraine est une bande de végétation large de plusieurs mètres. Lorsque la pente est faible, les milieux humides (marais, prairie humide, marécage) font partie de cette dernière. Cependant, elle n’est pas nécessairement composée uniquement de milieux humides. Elle peut très bien être composée uniquement de forêt si la pente est accentuée et que l’eau ne l’inonde pas au printemps.


 

Une bande riveraine naturelle est indispensables à la société puisque qu’elle :
   
dot Forme une zone tampon qui peut absorber efficacement les inondations ; 
dot Filtre l’eau en retenant les sédiments et les substances toxiques ;
dot Fourni la nourriture et les abris nécessaires à de nombreuses espèces animales ;
dot Permet de réaliser des activités lucratives dans ou autour de son plan d’eau telles que la chasse, la pêche et l'observation des oiseaux;
dot Offre des ressources naturelles de toutes sortes (canneberges, poissons, sauvagines, tourbe et bois);
dot Prévient l’érosion de la berge en retenant le sol des racines s’y enchevêtrant.

 

Milieux riverains

À l’état naturel, la berge d’un cours d’eau, que ce soit un lac ou une rivière, est divisée en plusieurs zones de végétation. Chaque zone est caractérisée par des conditions hydriques différentes et par une végétation adaptée à ces conditions. En s’éloignant de la terre ferme, on passe par le marécage arboré, le marécage arbustif, la prairie humide, le marais et l’herbier aquatique. La succession d’une zone à l’autre peut être très rapide, dépendamment du dénivelé du terrain. Par ailleurs, une zone peut être absente ou très peu étendue.



MarecageMarécage

Le marécage est couvert par des arbres (tels que l’érable argenté et le frêne rouge) ou par des buissons (tels que les saules, les cornouillers et les aulnes) sur au moins 30% de sa superficie. Lorsque les arbres dominent le paysage, on parle de marécage arborescent et lorsque les buissons dominent, on parle de marécage arbustif.

Les marécages se retrouvent généralement dans les plaines d’inondations et les milieux mal drainés. Ils sont caractérisés par un sol saturé d’eau en permanence qui est généralement recouvert d’eau en période de crue ou lors d’importantes précipitations. Néanmoins, l’eau se retire sporadiquement, ce qui permet au sol de s’assécher et de s’aérer, permettant ainsi la croissance d’espèce de plantes ligneuses (arbres et arbuste).

Les marécages sont des lieux propices pour la reproduction des oiseaux, poissons et amphibiens. Entre autre, les marécages sont des habitats propices pour la perchaude, le brochet, la carpe et les ménés De plus, les marécages sont composés d’arbres où préfèrent nicher les hérons ainsi que les canards arboricoles.

PrairiePrairie humide

La prairie humide, parfois appelée batture, se reconnaît à sa végétation courte de type graminée (une plante qui produit des graines dures, par exemple le blé et l’orge). Plus de 150 espèces végétales peuvent s’y retrouver, incluant diverses espèces de carex, le phalaris roseaux et le phragmite commun. Cette dernière espèce est très envahissante et se retrouve un peu partout au Québec. Elle est très agressive et empêchera presque toutes autres espèces de plantes de pousser au même endroit qu’elle. Elle peut même repousser les marais en les asséchant, agrandissant les conditions caractéristiques de la prairie humide.

La prairie humide se retrouve entre le marécage et le marais. L’eau peut atteindre 30 cm en période de crue mais se situe généralement au niveau du sol. Le sol est ainsi gorgé d’eau en permanence ce qui empêche les arbres et les arbustes de pousser dans cette zone.

Les racines des graminées retiennent efficacement les sédiments apportés par l’eau de ruissellement, contribuant de façon significative à sa purification. L’accumulation de ces sédiments contribue, quant à elle, au développement et à la reproduction de nombreux invertébrés qui sont à leur tour consommés par de nombreuses espèces de poissons, d’amphibiens et d’oiseaux. De plus, les canards barboteurs y construisent leurs nids et certaines espèces de poissons y fraient au printemps. 

MaraisMarais

Le marais se reconnaît à son sol recouvert d’eau en permanence et à sa végétation herbacée émergente. Ainsi, les plantes caractéristiques des marais ont une tige qui s’allonge au dessus du niveau de l’eau mais des racines qui poussent sous l’eau. Les quenouilles, les sagittaires et les iris sont quelques exemples de telles plantes émergentes.

Le marais fournit abris et nourriture à de nombreuses espèces animales. Il héberge une quantité importante d’invertébrés et de poissons juvéniles. Plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques profitent d’ailleurs de toute cette profusion de nourriture pour y élever leurs petits et s’y arrêter lors de leur migration. De plus, de nombreux amphibiens et reptiles y vivent et s’y reproduisent. Les mammifères y sont aussi présents puisque les rats musqués et les castors y construisent leurs huttes et s’y alimentent. Cet habitat est, comme les autres, est essentiel à la survie des espèces qui l’habitent.

Herbier aquatique

Herbier aquatique L’herbier aquatique est caractérisé par une végétation composée de plantes submergée ou à feuilles flottantes. Parmi les plantes submergées assez communes, notons l’élodée du Canada, les myriophylles et les potamots. Quant aux plantes à feuilles flottantes, elles comptent parmi leurs rangs les lenticules et les nénuphars.

L'herbier aquatique est une zone qui est inondée en permanence. En été, le niveau de l’eau peut atteindre une profondeur de moins d’un mètre, tandis qu’en période de crue, il peut s’élever à deux ou trois mètres de profondeur.

Les herbiers aquatiques sont des lieux très importants pour les poissons qui s’y reproduisent, s’y alimentent et s’y abritent. Les herbiers forment, en quelques sortes, une pouponnière pour plusieurs espèces de poissons. Ils sont aussi importants lors de la migration automnale de la sauvagine. En effet, à ce moment de l’année, l’eau est assez basse pour que la sauvagine s’y alimente efficacement et s’y repose avant de repartir vers le sud.

Littoral urbanisé

LittoralUne bonne partie des berges du Québec habité sont aménagées. C’est à dire que la bande riveraine (incluant les forêts, les marécages, les marais, et les autres habitats humides) a été détruite ou fortement modifiée afin de faire place à des routes, des stationnements, de quartiers résidentiels, etc. Ceci est d’autant plus vrai pour le fleuve Saint-Laurent, dont au moins 60% des berges ont subi des modifications effectuées par l’humain. L’artificialisation des berges n’est pas égale. Certaines régions, telle que le Lac Saint-Pierre et les petites îles du fleuve, ont été beaucoup moins modifiées, tandis que d’autres, en particulier dans la région de Montréal, présentent un taux d’urbanisation riverain supérieur à 90%.

Tel que mentionné précédemment, la présence d’une bande riveraine naturelle permet de retenir les sédiments en place grâce aux racines de la végétation qui y poussent. Il est donc fréquent de constater que l’urbanisation des berges du fleuve peut avoir des impacts importants sur l’érosion des berges puisque les plantes prévenant l’érosion ont été coupées. Des aménagements pour prévenir l’érosion des berges, tels qu’un muret de béton ou un enrochement, sont donc souvent construits suite à la destruction de la bande riveraine. Il est à noter que la révégétalisation des berges, lorsqu’encore possible, est une technique beaucoup plus favorable pour la faune et la flore.

 

 

Pour en savoir plus … 

Terres humides de la vallée du Saint-Laurent
Ce site permet de visualiser l’évolution des milieux humides du fleuve Saint-Laurent à l’aide d’une application web assez simple. On peut y faire des requêtes selon différentes couvertures spatiales et temporelles.
http://www.qc.ec.gc.ca/geo/mil/mil001_f.html

Suivi de la végétation des milieux humides
Ce site présente un projet d’Environnement Canada qui a pour but de surveiller et d’analyser les changements survenus dans la végétation des milieux humides depuis la fin des années 1970.
http://www.qc.ec.gc.ca/CSL/pro/pro008mj_f.html

Canards Illimités Canada
La mission de Canards Illimités est de conserver les milieux humides et les habitats qui s'y rattachent au bénéfice de la sauvagine nord-américaine et de promouvoir un environnement sain pour la faune et les humains. La section ressource offre le portrait des milieux humides de différentes régions. On y retrouve aussi beaucoup d’information sur l’utilité et le rôle des milieux humides.
http://www.ducks.ca/fr/index.html

Bande riveraine
Ce site est consacré exclusivement à la conservation et la restauration des bandes riveraines en milieu de villégiature. Il a pour but d’aider les propriétaires riverains à appliquer les bonnes pratiques de conservation lors d’un nouvel aménagement, mais aussi de proposer des correctifs de restauration pour des berges déjà artificialisées.
http://www.banderiveraine.com/index.php?id=68

 

 Crédits photographiques :

schéma milieux humides : Environnement Canada
marécage
: Alexandre Venne, Réserve de faune du lac Saint-François
prairie humide : Comité ZIP Ville-Marie
marais : Comité ZIP Ville-Marie
herbier aquatique et rat musqué : Benoît Cloutier, Québec couleur nature 2006
littoral urbanisé : Comité ZIP Ville-Marie