Éducation: Les déchets aquatiques

 

Le Québécois moyen produit 404 kg de déchet par année, dont 69 kg va au recyclage. Près de la moitié des déchets qu’il produit sont d’origine organique, tandis que le tiers du restant est constitué de papier et de carton. Malheureusement, une partie des déchets que nous produisons se retrouvent sur les berges de nos cours d’eau. L’an dernier, lors de la semaine du grand nettoyage des rivages canadiens, plus de 3500 kg de déchet ont été ramassés sur à peine 60 km de berge au Québec.
 

Les déchets les plus fréquemment trouvés sont liés soit à la cigarette (mégots, briquets, paquets) ou aux activités récréatives réalisées sur le bord de l’eau (emballages de nourriture, bouteilles de verre et de plastique, cartouches de fusil de chasse, articles de pêche). Il y a aussi les déchets liés à la navigation (bouées, barils, cordes, bâches de bateau) ou aux activités illégales de dépôt (pneus, réfrigérateurs, meubles, matériaux de construction).

Selon  l’organisation du International Coastal Cleanup (ICC), les 10 items les plus fréquemment retrouvés lors de la semaine mondiale du nettoyage des rivages sont :

  1. Cigarettes
2. Emballages et contenants de nourriture
3. Couvercles et bouchons
4. Sacs
5. Bouteilles de plastique
6. Tasses, assiettes, ustensiles jetables
7. Bouteilles de verre
8. Cigares
9. Pailles et mélangeurs à café
10. Cannettes

La détérioration esthétique et environnementale causée par les déchets aquatiques peut être résolue en connaissant leurs provenances. C’est à partir de ce moment que la collecte de données sur les déchets ramassés lors d’un nettoyage s’avère utile. Les données recueillies peuvent permettre d’identifier la ou les provenances des déchets les plus fréquemment retrouvés sur un site. Une fois cette source identifiée, il devient possible de sensibiliser les utilisateurs du site ou de faire des recommandations à la municipalité ou au gestionnaire du parc.

Par ailleurs, l’enjeu est mondial puisque les déchets ne restent pas en place. Les déchets laissés sur le bord d’une rivière ou d’un lac sont transportés par les rivières et le vent jusqu’à l’océan, où ils se dégradent pendant des dizaines d’années, causant la mort par étranglement ou par ingestion de milliers d’animaux chaque année. On estime que 80% des débris marins proviennent de sources terrestres. Ainsi, en réduisant les déchets provenant du continent, on réduit aussi ceux qui se retrouvent dans l’océan.

Pour en savoir plus sur l’origine et l’impact de certains des déchets fréquemment retrouvés sur nos berges, consultez les sections suivantes :

   
dot Verre
dot Papier et carton
dot Plastique
dot Polystyrène
dot Aluminium
dot Mégots de cigarette
dot Débris naturels

 

 

verreVerre

Pour fabriquer du verre, on utilise du sable (pour le silicate qu’il contient), du carbonate de sodium et du calcaire. Dans le cas du verre recyclé, on fait plutôt fondre du verre concassé. Tous les ingrédients sont d’abord fondus à très haute température (1500oC pour du nouveau verre). Le verre ainsi obtenu est moulé et soufflé pour lui donner la forme désirée.

Il est à noter que le verre recyclé fond à une moins grande température que le verre non recyclé. En fait, recycler une seule jarre en verre sauve assez d’électricité pour allumer une lampe pendant quatre heures. Le verre peut être recyclé à l’infini tout en gardant sa qualité originale. En 2006 au Québec, on a recyclé 117 000 tonnes de verre, soit un taux de recyclage de 77%.

Outre qu’il puisse être recyclé indéfiniment, le verre résiste aux assauts du temps très efficacement. Il prend plus d’un million d’années à se dégrader. C’est donc dire que les bouteilles de bière qui se retrouvent dans nos cours d’eau peuvent piéger de petits animaux très longtemps.

 

papierPapier et carton

Pour fabriquer du papier, on doit transformer du bois en fibres. Pour se faire, on fait tremper le bois dans l’eau avec des produits chimiques. Par la suite, les fibres sont drainées sur un tamis, puis le tout est séché à de hautes températures et pressions. Le procédé peut être modifié de plusieurs façons pour fabriquer toutes sortes de papier.

Il est avantageux de recycler le papier puisque chaque tonne de papier recyclé permet de sauver 13 arbres, 2.5 barils de pétrole, 4100 kWh d’électricité, 4 m3 d’espace dans un dépotoir et 30 000 litres d’eau! En 2006 au Québec, environ 50% du papier et du carton utilisé a trouvé son chemin vers l’usine de recyclage.


PlastiquePlastique

Le plastique est un matériel léger qui flotte. On retrouve un peu plus de 120 000 bouts de plastique flottant sur chaque km2 d’océans à travers le monde. En fait, il y a 6 fois plus de plastique que de plancton à la surface de certains courants de l’océan Pacifique. Ces bouts de plastique tuent d’innombrables oiseaux, mammifères marins et poissons qui s’y emmêlent ou qui meurent après les avoir ingérés.

Le plastique a été inventé en 1860. Cependant, son utilisation s’est vraiment répandue dans les 30 dernières années. Il est fait à partir de combustibles fossiles, tel que le charbon et le pétrole. On en extrait de longues chaînes de molécules, appelées des polymères, qui sont ensuite transformées en granules, poudres ou liquides. Les polymères sont ensuite utilisés pour fabriquer les produits qu’on connaît.

Afin d’être recyclé, les plastiques ont été classés en 7 catégories.  Au Québec, les catégories 1, 2 et 5 sont presque toujours acceptées dans les collectes sélectives de recyclage. Il est préférable de se renseigner auprès de sa municipalité pour savoir si les autres catégories de plastiques peuvent être récupérées dans votre secteur. En 2006, environ 20% du plastique utilisé à la grandeur du Québec fût recyclé.

 

Sac de plastiqueCas spécial : sac de plastique

Au Québec, on estime qu’entre 1.4 et 2.7 milliards de sacs de plastique sont distribués chaque année, soit environ 5 sacs par personne par semaine. Le taux de récupération n’est que de 14%, bien que 60% de la population ait accès à des centres de recyclage permettant leur récupération.

Les sacs de plastique sont très légers et sont transportés facilement par l’eau et le vent. Une fois qu’ils atteignent l’océan, ils peuvent y flotter pendant des dizaines d’années, ressemblant à des méduses et à d’autres animaux pélagiques. À chaque année, ils causent la mort de milliers d’oiseaux, tortues marines et mammifères marins qui les mangent pensant obtenir une bonne collation, mais qui en réalité restent pris au niveau de l’estomac. 

 

PolystyrenePolystyrène (styrofoam)

Le polystyrène est un type de plastique qui est utilisé dans la fabrication des ustensiles jetables, des verres à café, dans les plateaux alimentaires (pour la viande, les poissons et certains légumes), dans les contenants transparents pour la salade et dans les contenants à yogourt.

Le polystyrène est un matériel durable qui se décompose très lentement. Il s’accumule donc facilement dans l’environnement. Ces une des matières les plus fréquemment ramassées sur nos berges.

Au Québec, le polystyrène n’est pas recyclé en raison de l’absence d’une usine pouvant effectuer l’opération. Les coûts pour le recycler sont trop élevés parce qu’il est presque toujours contaminé par les aliments et qu’il est volumineux à entreposer.

 

MetauxMétaux

Les métaux, tels que l’aluminium, le fer et l’acier, prennent entre 50 et 500 ans avant de se décomposer dans l’environnement, et ils peuvent généralement être recyclés à l’infini.

Une canne en aluminium qui est recyclée permet d’économiser assez d’énergie pour faire fonctionner une télévision pendant 3 heures. Par ailleurs, pour chaque kg d’aluminium recyclé, on économise huit kilos de bauxite (minerai entrant dans la fabrication de l’aluminium) et quatre kilos de produits chimiques. Au total, au Québec, il se vend plus de 1,3 milliard de canettes dont 70% trouve le chemin vers l’usine de recyclage.

 

Mégots de cigarette

Tout le monde sait que fumer est dangereux pour la santé, mais peu de gens connaissent les impacts environnementaux causés par les mégots de cigarette jetés dans l’environnement. Megots

Un mégot de cigarette est constitué principalement d’acétate de cellulose (et non de coton) qui prend généralement 5 ans à se décomposer. Les mégots de cigarette sont fréquemment retrouvés dans l’estomac des oiseaux, des poissons et des tortues marines. Ils font une indigestion et meurent. 

De plus, le filtre trappe la plupart des produits chimiques, tels que le plomb, l’arsenic et le cadmium, avant qu’ils atteignent les poumons du fumeur. Tous ces produits sont solubles et s’échappent rapidement du mégot une fois qu’il est jeté. Évidemment, un seul mégot dégage une quantité minime de produits chimiques. Cependant, si l’on considère que plus de 4.5 trillions de mégots sont jetés à chaque année dans le monde, cette pollution est loin d’être négligeable. D’ailleurs, dans tous les grands nettoyages du monde, lesmégots de cigarette occupent toujours lespremiers rangs des objets retrouvés.

 

Débris naturels

Les branches, les plantes aquatiques, les algues et les animaux morts sont des débris que l’on retrouve naturellement dans l’environnement. Ne les ramassez pas, ils font parti de l’environnement et ils peuvent être des habitats important pour la faune présente dans ce secteur. Ils peuvent servir d’abris et de nourriture à de nombreux organismes.

 

Pour en savoir plus …

Le centre de documentation de Recyc-Québec contient de très nombreux documents sur le recyclage et la gestion des matières résiduelles. Il contient également des fiches détaillées sur les matières composant nos déchets.

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