Nos poissons vedettes

Les poissons sont souvent oubliés dans les initiatives de protection environnementale parce qu’ils sont, somme toute, invisible aux yeux des hommes. Pourtant, ils sont une composante essentielle des écosystèmes aquatiques.

D’ailleurs, votre activité de nettoyage aura certainement des impacts positifs sur les poissons habitant votre plan d’eau. D’abord, vous diminuerez les chances que des poissons s’emmêlent dans des débris ou qu’ils ne les mangent et vous empêcherez les composés chimiques de ces débris de se diffuser dans l’eau lorsqu’ils se dégradent, ce qui pourrait contaminer les poissons.

Cependant, vous pourriez aussi avoir des impacts négatifs si vous n’êtes pas vigilants lors de votre activité de nettoyage. Il est important de ne pas piétiner le fond des cours d’eau, de ne pas dégrader les herbiers aquatiques. Certains déchets peuvent servir d’habitat à certaines espèces, telle que le méné à tête de boule. Donc avant de retirer un déchet qui est bien implanté (par exemple, à moitié dans la vase ou recouvert de plantes) dans le milieu, vous devriez vous assurer qu’il n’est pas utilisé comme habitat pour le poisson. De plus, on ne doit jamais retirer de débris naturels (branches, algues, roches) puisque ces derniers servent d’abris à de nombreuses espèces animales

 

verreChevalier cuivré

Le chevalier cuivré fait partie de la famille des Catostomidés. Les écailles de son corps ont des reflets cuivrés, ce qui lui a valu son nom. Il peut atteindre 5.5 kg et mesurer près de 70 cm. Ce poisson possède des dents pharyngiennes de la taille de celle d’un humain qui lui servent  à broyer les mollusques dont il se nourrit.

Le chevalier cuivré est une espèce qui n’existe qu’au Québec. Elle est menacée par la pollution, les barrages et la dégradation de son habitat. La seule population dont la reproduction est confirmée se retrouve dans la rivière Richelieu, dans le bassin de Chambly. Des petites populations se retrouvent également dans le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Milles-Îles et la rivière Yamaska. Il ne resterait que quelques centaines d’individus au Québec, ce qui lui vaut le statut d’espèce menacée tant aux gouvernements provincial que fédéral.

Comment distinguer un chevalier d’un meunier?
Ces deux poissons peuvent être confondus puisqu’ils ont tous deux des bouches aux lèvres charnues en forme de suçoir. Cependant, les lèvres des chevaliers sont granuleuses tandis que celles du meunier présentent des petits sillons. Par ailleurs, les chevaliers ont de grandes écailles alors que les meuniers ont des petites écailles.

 

Perchaude

PerchaudeLa perchaude fait partie de la famille des Percidés, tout comme les dorés. C’est un poisson au corps allongé et ovale. Deux nageoires couronnent son dos qui porte également sept lignes verticales noires. Ces nageoires pectorales et pelviennes sont rouges-orangées. 

La perchaude est un poisson grégaire très commun. On le retrouve partout dans les eaux douces de l’hémisphère nord. Il affectionne particulièrement les eaux peu profondes et claires où on retrouve une végétation modérée. C’est un poisson grégaire qui migre vers les eaux riveraines et les petites rivières pour pondre leurs œufs sur la végétation au printemps. Il est donc important de ne pas piétiner la végétation riveraine durant la période de ponte lors d’activité de nettoyage.

Sa grande abondance lui confère une grande importance au sein de la chaîne alimentaire. Elles sont consommées par un grand nombre d’espèce de poissons. À leur taille adulte, elles sont des prédateurs importants qui ont la même niche écologique que le brochet.

La perchaude est une espèce importante pour la pêche commerciale, récréative et sportive en raison de sa grande accessibilité. Sa chaire est excellente et se congèle facilement. Plusieurs dizaines de tonnes de ce poisson sont pêchées à chaque année.

 

Omble de fontaineOmble de fontaine


L’omble de fontaine fait partie de la famille des Salmonidés, tout comme les truites et les saumons. Sa coloration est assez variable mais elle présente toujours des tâches pâles sur fond foncé. Les flancs sont décorés de tâches rouges entourées de bleu. Elles ont des mouchetures sur les nageoires caudales et dorsales. En période de reproduction, soit de la fin du mois d’août au mois de décembre, la coloration de l’omble de fontaine devient plus intense. Chez le mâle, la partie inférieure des flancs et le ventre prennent une couleur rouge orange.

C’est une espèce qui est très commune dans l’est de l’Amérique du Nord. Elle affectionne les eaux claires, fraîches et bien oxygénées. Lors des mois chauds de l’été, elle s’enfonce vers les eaux profondes et plus fraîches des lacs. Lors de la détérioration de la qualité de l’eau, elle est souvent la première espèce de poisson à quitter les lieux pour rejoindre des plans d’eau de meilleure qualité.

À la fin de l’été et au début de l’automne, les adultes se rendent sur les lieux de ponte. Ces derniers sont situés dans les petites rivières à fonds rocailleux et peu profonds ainsi qu’en lac dans des zones de résurgence. La femelle, selon sa taille, dépose de 100 et 5 000 gros œufs sur des fonds de gravier bien oxygéné. Par ailleurs, les branches, et les roches, qui se trouvent sur le bord des rives, peuvent servir d’abris et d’aire d’alimentation. Il est donc important de ne pas retirer les débris naturels lors de votre nettoyage.

L’omble de fontaine est très apprécié des pêcheurs sportifs. Elle peut être pêchée avec une canne équipée d’un appât ou d’une mouche ou même des deux. Elle est fréquemment ensemencée dans les lacs et certaines rivières dans le but d’augmenter son abondance pour les pêcheurs.

 

 

Méné à tête de boule

MénéLe méné à tête de boule fait partie de la famille des Cyprinidés, la même famille que les carpes. Son nom lui vient de sa grosse tête ronde garni d’un court museau. Il est généralement gris-olive. Ses flancs sont striés d’une ligne foncée noire et d’une tâche noire près de la queue. Il peut mesurer jusqu’à 7 cm de long.

C’est une espèce très commune en Amérique du Nord. Elle vit dans les étangs, les lacs, les rivières et les ruisseaux. Elle tolère également les eaux saumâtres et peu oxygénée. Le méné à tête de boule a été introduit dans plusieurs cours d’eau où il est utilisé en tant qu’appât.

Pendant le printemps et l’été, la femelle pond ses œufs dans un nid construit en dessous d’objet se retrouvant près de la rive. Le mâle garde les oeufs jusqu’à leur éclosion. Si on se doute qu’un méné tête de boule a fait son nid en dessous d’un objet que l’on considère comme un déchet, on ne devrait pas le retirer. La présence d’un nid peut être indiquée par le va-et-vient d’un petit poisson autour d’un objet.